18h, devant le mur des canuts : lecture de Chloé

Chloé lit Char au pied du mur des Canuts.

Chloé lit Char au pied du mur des canuts.

Devant le mur des canuts, Chloé nous a lu un poème en prose de René Char intitulé « La passe de Lyon », publié en 1962 dans le recueil La Parole en archipel. Au-delà même du titre, l’évocation de « Bellecour », mais aussi celle du « mûrier » (nécessaire pour élever les vers à soie) et « des filatures » inscrit clairement cette pièce amoureuse dans la géographie et l’une des activités économiques capitales de Lyon, ville célèbre pour ses soieries. Or la commune de la Croix-Rousse, devenue depuis un quartier de Lyon, est précisément le lieu où se trouvaient, au XIXe siècle, les ateliers de production de la soie – et, bien sûr, les ouvriers tisserands que l’on nomme les canuts.

La passe de Lyon

Je viendrai par le pont le plus distant de Bellecour, afin de vous laisser le loisir d’arriver la première. Vous me conduirez à la fenêtre où vos yeux voyagent, d’où vos faveurs plongent quand votre liberté échange sa lumière avec celle des météores, la vôtre demeurant et la leur se perdant. Avec mes songes, avec ma guerre, avec mon baiser, sous le mûrier ressuscité, dans le répit des filatures, je m’efforcerai d’isoler votre conquête d’un savoir antérieur, autre que le mien. Que l’avenir vous entraîne avec des convoiteurs différents, j’y céderai, mais pour le seul chef-d’œuvre !

Flamme à l’excès de son destin, qui tantôt m’amoindrit et tantôt me complète, vous émergez à l’instant près de moi, dauphine, salamandre, et je ne vous suis rien.

Diaporama. Devant le mur des canuts

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Catégories : 5 mai 2015

Navigation des articles

Les commentaires sont fermés.

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

%d blogueurs aiment cette page :